Dossier : Les mécanismes du stress


Le stress expliqué en 6 minutes


Qu’est-ce que le stress ?


C’est un jeune médecin canadien, Hans Selye, qui dans les années 1930 publia la première théorie sur le stress. Même si le mot latin signifie tension, et plus tard signifiait une pression physique, aujourd’hui le stress est considéré comme quelque chose qui nous agresse. Cela peut être une agression physiologique (comme le froid, le soleil brûlant, un traumatisme, une infection) ou une agression psychologique (une personne qui exerce une pression, une blessure de trahison, etc.). Hans Selye remarque que le stress s’exprime à travers 2 formes de symptômes : ceux qui sont spécifiques à une affection (par exemple, la jaunisse est propre à l’hépatite) et ceux qui sont communs à plusieurs affections (la fatigue peut être commune à une hépatite, une grippe ou une gastro-entérite). Cette dernière se caractérise par un ensemble de changements et d’altérations biologiques accompagné des symptômes physiques correspondants. Ce phénomène est appelé Syndrome Généralisé d’Adaptation ou stress. En d’autres termes, le stress naît d’un besoin d’adaptation face à l’agent stresseur qui est vécu comme une agression par le sujet stressé. Si vous perdez l’équilibre, le stress répond à un besoin de retrouver l’équilibre. Cet équilibre peut être perturbé par un changement environnemental (changement de saison, changement de travail, perte d’un être cher) ou d’une évolution interne (croissance physique, évolution psychologique, expression d’une émotion).

Deux chaînes de réaction


Le stress déclenche au niveau du système nerveux central deux chaînes de réactions parallèles. Dans la première, le système sympathique active l’adrénaline et la noradrénaline ce qui permet d’activer les fonctions vitales du corps (l’apport du sang dans la peau et les viscères diminue au profit de l’activité cardiaque et pulmonaire qui augmente afin d’alimenter les organes qui seront choisis pour surmonter la situation). Les palpitations, les sueurs, les sensations de stupeurs sont caractéristiques de cette activité. En parallèle, c’est une chaîne plus complexe et moins directe activée par l’hypothalamus stimulant la libération d’un cocktail d’hormones, nos messagers chimiques qui joueront un rôle d’auto-régulation de la réaction au stress. Des expériences en clinique ont démontré qu’une injection d’adrénaline entraînait un état de stress avec un sentiment immédiat d’anxiété, et ce aussi bien sur un état de stress modéré qu’aigu. Notons également que lors d’un stress aigu comme un accident de voiture pas exemple, l’ensemble des processus conscients sont bloqués au profit de comportements réflexes adaptés et programmés. En situation d’examen, la peur panique va bloquer l’accès à la mémoire, les notions alors apprises apparaissent comme évanouies. Ces exemples de stress aigu mettent en lumière une notion fondamentale du SGA : le seuil de tolérance ou seuil de résistance.


Le stress chronique épuise l'organisme


Chaque personne a un seuil de résistance différent qui conditionne notre réactivité face au stress ou son accumulation. Un accident est assez intense pour franchir le seuil de tolérance de la quasi totalité des êtres humains. Une majorité développera un syndrome post-traumatique composés de cauchemars récurrents, des insomnies, de la fatigue chronique, de l’hypersensibilité émotionnelle, des conduites d’évitement, etc. Par contre, si le stress est psychologique, la réaction est très différente d’une personne à une autre. Pour un même événement vécu, le confinement par exemple, un stress peut être vécu comme léger pour une personne et stimulera sa vigilance et sa créativité ou au contraire comme intense pour une personne qui vivra des crises d’angoisse, aura des trous de mémoire, des sueurs froides... D’une manière générale, le seuil de tolérance se construit dans l’enfance au même titre que la personnalité, il conditionnera ensuite la réactivité émotionnelle de l’individu.




Trois phases composent le stress

Quelque soit l’intensité vécue, le SGA est composée de trois phases. La phase d’alarme, la phase de résistance et la phase d’épuisement. La première phase est une réponse physiologique où les muscles et le système cardio-vasculaire sont stimulés afin de répondre à ce premier besoin vital : fuir ou combattre. De nos jours, les principaux agents stresseurs sont du domaine psycho-affectif (divorce, mariage, mutation, changements de situations). Le corps physique est moins sous tensions, ainsi notre système nerveux tourne en sur-régime. Progressivement, cette première phase laisse place à la phase de résistance. Dans cette seconde phase, l’enjeu est d’accepter la réalité de son expérience de vie, ou pas. Selon les profils, un changement de situation peut être fuit ou combattu et sa durée varie de quelques heures à plusieurs années. Ainsi, si cette seconde phase de prolonge, il suffira d’un geste, d’un mot ou d’un événement de trop pour basculer vers la phase d’épuisement, c’est la goûte d’eau qui fait déborder le vase. La décompensation vers un véritable syndrome dépressif est une manifestation courante et majeure de cette phase. Le sujet n’a plus ni l’énergie mentale ni les ressources énergétiques corporelles pour pouvoir continuer à résister. Le passage vers cette troisième phase peut se manifester par une décompensation d’ordre psychotique (paranoïa, hallucination, schizophrénie) avec des accès de violence envers soi-même ou envers les autres.




Trois façons de réagir au stress


Il existe trois comportements qui révèlent deux grands tempérament face au stress. Les profils de type A sont adrénergiques et ont tendance à avoir un comportement actif. Ils veulent toujours aller plus haut, plus loin, plus fort dans les sensations. Les profils B ont plutôt tendance à réagir passivement, ils vont fuir la réalité douloureuse dans l’isolement ou le cannabis pour anesthésier la souffrance. Les profils A souffriront d’hypertension, d’infarctus, d’ulcère à l’estomac, et les profils B de rhumatisme, de troubles hormonaux avec une tendance dépressive. Tout individu lorsqu’il est encore dans la phase de résistance somatisera selon son profil, mais lors du passage à la phase de décompensation, ces symptômes disparaissent la plupart du temps : les vrais dépressifs ne somatisent plus. Avec une prise en charge thérapeutique, les symptômes peuvent réapparaître, preuve que la volonté de vivre s’est renforcé et que la psyché est assez présente dans l’aspect corporel de l’individu pour manifester les déséquilibres biologiques. Enfin, les profils de type C sont des personnes ayant intégrée leur structure de personnalité, elles se connaissent mieux et ont réalisé des thérapies pour éclairer l'origine de leurs comportement non intégrés. Leur réaction est adaptée à la situation.

Le stress est une tension neutre


Plus tard, dans les années 1970, Hans Selye inclut dans sa définition du stress l’aspect psychologique en distinguant le bon stress du mauvais stress. Le stress est une tension neutre, tandis qu’il est accompagné d’émotions, celles-ci étant positives (joie, amour) ou négatives (colère, peur, tristesse, angoisse). Une même situation (divorce, licenciement) sera vécue totalement différemment si la personne perçoit cet événement comme une opportunité, un défi (dans ce cas l’intensité du stress réduit) ou au contraire comme un échec, une menace avec risque (l’intensité augmentera et en fonction de son seuil de tolérance, pourra décompenser vers un aspect dépressif). Le stress est donc un potentiel d’énergie permettant l’adaptation auquel viendra s’ajouter la coloration émotionnelle. Depuis la nuit des temps, il est le moteur ou le moyen pour l’homme d’évoluer. Il permet d’optimiser son adaptation face aux mutations socio-professionnelles et familiales, et d’exprimer ses ressources créatives. Quand une réaction au stress débouche sur une adaptation réussie, le sujet vit cette expérience comme un épanouissement : des sentiments de satisfaction et de confiance en soi feront que ce résultat positif facilitera les adaptations successives, on le qualifie de bon stress. Au contraire, une inadaptation entraîne un sentiment de détresse doublé souvent d’un sentiment d’impuissance. Il conditionnera négativement les prochaines situations plus ou moins similaires auxquelles le sujet aura à faire face. Soit il réussira à la transformer un jour en épanouissement personnel, soit petit à petit il se constituera dans ses mécanismes psychologiques un scénario d’échec, une boucle mémorielle.


Le stress a de la mémoire

Une simple idée qui traverse l‘esprit ou la vue d’un objet banal peut déclencher une réaction adrénergique avec angoisse (sueurs froides, palpitations). Les émotions telles que le désir, la peur, la colère, la tristesse sont gérées par le plexus solaire situé au milieu de l’abdomen. Chacun a pu expérimenté que cette zone se bloque lors d’un stress, les intestins se nouent.






Les idées clés du stress


○ le stress est la réponse que donnera le sujet face à un agent vécu comme stressant

l’intensité des phénomènes liés au stress dépendra de la force et/ou de l’imprévisibilité, et/ou de la répétition avec lesquelles les choses se déroulent.

le stress est neutre, c’est la coloration émotionnelle, issue de nos mécanismes psychologiques installés depuis l’enfance qui en détermine le vécu favorable ou non.

si la demande d’adaptation est perçu comme un défi, l’intensité du stress sera atténuée, la créativité sera stimulée.

si la demande d’adaptation est perçue comme un échec ou une menace avec risque, l’intensité du stress sera encore plus augmentée.

le stress a de la mémoire.

une adaptation réussie crée une dynamique d’épanouissement.

une inadaptation crée un sentiment de détresse.

chaque individu a un seuil de tolérance au stress qui lui est personnel.

les hormones sont le support biologique des réactions face au stress.

le syndrome d’adaptation général se déroule en trois phases : alarme, résistance, épuisement.

l’état de stress favorise dans sa phase d’alarme le fonctionnement des muscles et du cerveau. La libération d’adrénaline prédomine.

la chaîne de réaction hypothalamo-hypophyso-surrénalienne domine la phase de résistance.

les profils A (combattant) utilisent préférentiellement la chaîne de réaction de type adrénaline.

les profils B (fuyard) utilisent préférentiellement la chaîne de réaction de type cortisol.

l’entrée dans la phase d’épuisement se manifeste souvent après un choc par un état dépressif.

le stress est pour l’homme un moyen d’évoluer. C’est un potentiel d’énergie.




Le stress se mesure

Des échelles d’évaluation ont été établies sur des échantillons représentatifs de la population. Voici en exemple, une échelle subjective d’appréciation des événements critiques de la vie familiale, personnelle, professionnelle et financière, établie par Holmes et Rahe aux Etats-Unis dans la ville de Seattle. La mort d’un conjoint est le facteur le plus élevé(100), suivi du divorce (73), d’une séparation conjugale (65), du temps passé en prison ou de la mort d’un parent proche (63), d’un blessure ou la maladie (53), du mariage (50). La retraite est elle aussi source de stress (45), les problèmes sexuels (39), les changements de situation (36), un enfant qui quitte le foyer (29), un exploit personnel marquant (28), un déménagement (20), changement d’habitudes alimentaires (15) et une contravention (11).

Comment gérer le stress ?

Nous savons qu’en situation de stress, les réactions biologiques favorisent l’action (combat ou fuite) et la réflexion (recherche de solutions). Nous l’avons vu, le sentiment d’anxiété ou d’angoisse se dissout si l’adaptation est réussie, nous soufflons, la détente s’installe et une sensation de bonne fatigue ou d’excitation peuvent survenir. A l’inverse, s’il n’y a pas de solution, l’anxiété va perdurer et si la phase de résistance se prolonge, selon le contexte et notre tempérament, nous pouvons nous résigner. Il s’agira alors de modifier notre seuil de résistance face au stress en amortissant la résonance émotionnelle. Pour se faire, deux stratégies complémentaires doivent être mises en place :

- les stratégies physiologiques qui permettent de réguler les constantes biologiques et les fonctions corporelles.

- les stratégies psychologiques qui permettent de se découvrir (connaissance de soi) et de développer sa capacité d’adaptation.

Adopter des stratégies physiologiques

> faire du sport

> garder un bon sommeil

> s’alimenter convenablement

> réduire les dérivatifs (alcool, café, tabac...)

> s’accorder des activités de loisir et de détente

> pratiquer des exercices de relaxation

Adopter des stratégies psychologiques

> évaluer la situation : menace ou défi ?

> apprendre à mieux relativiser

> apprendre à transformer l’échec en expérience

> renforcer l’estime de soi

> développer la pensée positive

> utiliser les techniques de sophro-relaxation énergétique

> établir un plan d’action personnalisé



La sophrologie est une mallette d'outils pour mieux gérer le stress



La pensée positive : toute action positive dirigée vers la conscience se répercute positivement sur tous les éléments psychiques. Ainsi, la pensée positive va permettre de diminuer l’intensité des réponses physiologiques, d’agir volontairement mais indirectement sur une ou plusieurs réponses du corps. Changer notre regard sur le monde demande un effort et du travail mental devenant à terme un art de vivre qui nous accompagnera tout au long de notre existence.

L’expulsion du négatif : elle permet de prendre conscience des tensions psycho-corporelles et de les expulser à l’extérieur de soi sur l’expiration.

Inspiration du positif : le corps a été vidé du négatif, nous allons le remplir de positif dans chacune des régions de votre corps. L’union de l’EDN et de l’IP permet de renforcer à tout moment la confiance en soi, le sentiment de bien-être, de chaleur affective et permet de surmonter les difficultés quotidiennes avec calme et assurance.

Sophro-mnésie senso-perceptive : retrouver un souvenir positif, n’importe lequel dans les premiers souvenirs de la vie et le revivre à travers les sensations qu’il génère au niveau de la vision (images), odorat et du goût, des sens somesthésiques (cutanés, kinesthésiques et vestibulaires) et intéroceptifs (viscères). La force de mobilisation des sensations est utilisée pour activer le cerveau. Après avoir retrouvé ce souvenir, on revient à ce moment là, réactiver le bonheur de cette époque.


On est souvent surpris de constater que même à des périodes difficiles parfois de l’existence d’un être il y a eu des moments très positifs.



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